MCPP, 4-methylmethcathinone, méphrédone, buphédrone,
diméthocaine… ces noms ne vous disent peut-être rien. Pourtant, ces substances aux
noms étranges deviennent le nouveau fléau des brigades des stupéfiants. Que
sont ces nouvelles drogues de synthèse ? Qui les consomment ? Où les
trouve t-on ? Points de repères avec l’aide de spécialistes.
Dans un monde en
perpétuelle mutation, le marché des drogues n’échappe pas à la loi de
l’évolution. En marge des drogues « classiques », telles que le
cannabis, la cocaïne ou l’héroïne, de nouvelles substances de synthèse font
leur apparition depuis quelques années. En février dernier, l’aéroport St
Exupéry de Lyon s’est même vu devenir le théâtre d’une saisie record : 52
kilos de 4-MEC ! Si la consommation de ces substances reste marginale et
circonscrite à certains milieux, le développement exponentiel de ces nouvelles
substances en circulation existe bel et bien. « Ce ne sont pas des drogues nouvelles. Certaines molécules
étaient vendues pour la recherche à des laboratoires. On les voit apparaître
sur le terrain de manière isolée depuis 2008 », souligne Emmanuel
Lahaie, pharmacien et chargé d’études à l’Observatoire Français des Drogues et
des Toxicomanies (OFDT). Certaines de ces substances se retrouvent dans les
produits industriels, comme la peinture ou les liquides pour parquets. Elles
sont aussi parfois vendues comme engrais pour plantes ou comme sels de bain. En
toute légalité.